Angola : Elections générales sans surprise

Historiques, mais sans enjeu réel, tel est ce qu’on peut retenir des élections générales qui ont eu lieu aujourd’hui en Angola. A la présidentielle, avec 6 candidats, José Edouardo Dos Santos, qui a régné durant 38 ans au pouvoir avait déjà choisi son dauphin, en la personne de Joao Lourenço, général à la retraite et ex-ministre de la défense.

Ce dernier, un baron du régime, lui succédera sans surprise pour incarner le nouveau visage du pouvoir en Angola. Cadre du MPLA (Mouvement Populaire pour la Libération de l’Angola), Joao Lourenço, 63 ans poursuivra la politique menée pendant plus de 35 ans par son prédécesseur à la tête de ce pays riche en pétrole et en diamants, qui peine cependant à assurer le bonheur de sa population, engluée depuis quelques années dans une profonde crise économique, suite à la chute du prix du baril de pétrole. Les pourfendeurs du régime affirment que Dos Santos va continuer à gouverner dans l’ombre, Lourenço n’étant qu’un prête-nom, d’autant plus que la famille du président a la main-mise sur les secteurs clé de l’économie du pays : Pétrole, Médias, Banques, Agriculture, BTP, …) et demeure toute-puissante en Angola.

Pour ces premières élections qui se tiennent sans lui depuis 1975, date de l’accession du pays à l’indépendance, 6 parti sont en lice et 9 millions d’électeurs devront élire 220 députés à l’Assemblée nationale, où, « le cumul des sièges des partis d’opposition pourrait dépasser le nombre de ceux du MPLA et ainsi fragiliser la majorité qui n’obtiendrait pas le contrôle du Parlement », selon des observateurs.

Militants du MPLA, parti au pouvoir

Des soupçons de fraudes ont été émis, et les partis de l’opposition ont demandé l’audition du président de la commission nationale électorale, André Silva Neto, sans obtenir gain de cause, puisque la commission électorale, formée par le Parlement est de fait, assujetie au parti au pouvoir, le MPLA.

De son côté, l’Union Européenne émet également des doutes quant à la validité du scrutin. L’Angola avait refusé les conditions de l’UE pour l’envoi d’une mission d’observation européenne. Selon Libération, « Bruxelles avait posé comme condition à la venue d’observateurs l’accès à tous les bureaux de vote. L’Angola n’a pas accédé à cette requête, officiellement en raison d’un manque de moyens pour assurer la sécurité de cette délégation. Bruxelles assimile pourtant ce refus – conjugué à un envoi tardif de l’invitation à ses observateurs – à la volonté du MPLA de masquer des fraudes électorales ».

 

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