CEDEAO : Pas prête pour la monnaie unique en 2020

La réunion des 5 présidents de la CEDEAO n’a abouti qu’à un triste constat: les feuilles de route n’ont pas été respectées et trop de retards ont été pris dans la mise en place des mesures de convergence. Pour le président de la Commission, Marcel De Souza, l’objectif de 2020 n’est plus tenable.

Cependant, à l’initiative de Mahamadou Issoufou (Niger), Faure Gnassingbé, président en exercice de la CEDEAO, Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), Nana Akufo-Addo (Ghana) et Muhammadu Buhari (Nigeria), ont finalement proposé que les pays dont les critères de convergence économique sont les plus avancés puissent passer plus rapidement à l’action, à l’image de ce que l’Europe a réalisé avec la Zone Euro. Pour le président Issoufou, ces pays peuvent maintenir l’objectif de 2020.

« Notre région a besoin de cet instrument fédérateur, symbole de notre destin commun, pour consolider notre union douanière », a twitté le président en exercice de la Cédeao, Faure Gnassingbé.

Un avis que ne partage pas totalement son homologue nigérian qui recommande « davantage de prudence ». En effet, si les présidents du Togo, du Niger, du Ghana et de la Côte d’Ivoire se sont mis d’accord pour accélérer le processus, le président nigérian, quant à lui, joue plutôt la carte de la prudence. Muhammadu Buhari (photo), le président de la plus grande économie de la région, cite notamment les difficultés que rencontre actuellement la zone euro. « Le Nigeria mettra en garde contre toute position qui plaide pour une approche accélérée de l’union monétaire, négligeant les fondamentaux et d’autres questions pertinentes», a-t-il déclaré.

Entamé depuis 17 ans, le processus d’intégration monétaire sous-régionale qui devrait déboucher sur  la création d’une monnaie unique afin de promouvoir le commerce et l’investissement régionaux, connaît, depuis,  peu de progrès. Ayant déjà été reporté à quatre reprises, dont récemment le 14 août dernier par le Président de la commission de la Cédeao, Marcel de Souza.

L’avènement de cette nouvelle monnaie impliquerait la dissolution de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), institution basée à Dakar, qui gère le CFA pour les huit pays de la zone Uemoa.

Toutefois, à l’issue de la rencontre de mardi 24 octobre dernier, il a été finalement conclu d’établir une nouvelle feuille de route qui devrait être adoptée dans un délai de 3 mois à l’occasion d’un nouveau Sommet.

 

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