Diamants de conflit: Impact quitte le Processus de Kimberley

IMPACT (auparavant Partenariat Afrique Canada), un organisme à but non lucratif ayant son siège au Canada, a annoncé vendredi 15 décembre qu’il se retirait du système de certification des diamants de conflit connu sous le nom de Processus de Kimberley.

L’annonce a été faite à la fin de la plénière du Processus de Kimberley, qui a eu lieu à Brisbane du 9 au 14 décembre, au cours de laquelle les membres devaient discuter des réformes nécessaires et les adopter. Le système traverse un cycle de réforme tous les cinq ans.
« On vend aux consommateurs quelque chose qui n’est pas vrai », a dit Joanne Lebert, directrice générale d’IMPACT, aux membres du Processus de Kimberley réunis. « Le Processus de Kimberley — et son Certificat — a perdu sa légitimité. Les contrôles internes auxquels se conforment les gouvernements n’offrent pas la traçabilité et la diligence raisonnable nécessaires pour garantir une chaîne d’approvisionnement des diamants propre, libre de conflit et légale. On a donné aux consommateurs de fausses assurances au sujet de la provenance de leurs diamants. Cela s’arrête maintenant, » a dit Mme Lebert.

IMPACT avait demandé d’importantes réformes pour rendre sa légitimité au système après que la société civile eut boycotté, en 2016, la présidence du Processus de Kimberley — les Émirats arabes unis — en raison de pratiques commerciales laxistes qui ont permis à des diamants de conflit de s’introduire dans la chaîne d’approvisionnement légitime.

De concert avec les membres de la Coalition de la société civile du Processus de Kimberley, IMPACT avait réclamé qu’on élargisse la définition des diamants de conflit. La définition actuelle considère comme des « diamants de conflit » uniquement les diamants utilisés par des groupes rebelles pour financer leurs activités visant à renverser des gouvernements et passe sous silence les violations perpétrées par les gouvernements eux-mêmes ou les entreprises de sécurité privées.

La société civile a aussi préconisé des réformes pour resserrer les contrôles internes aux niveaux national et régional afin de renforcer la traçabilité et de réduire au minimum le commerce illicite. De nombreux cas ont mis en relief les faiblesses des contrôles internes; la recherche effectuée par IMPACT en 2016 a démontré comment — malgré un embargo — des diamants de la République centrafricaine s’introduisaient dans la chaîne d’approvisionnement légitime par l’entremise du Cameroun.

À la suite d’une évaluation exhaustive, le Processus de Kimberley n’a pas fait de progrès suffisants, peu importe la réforme.

« Nous en sommes venus à la conclusion que le Processus de Kimberley a perdu la volonté d’agir comme mécanisme efficace dans le cadre d’une gouvernance responsable des diamants », a dit Mme Lebert. « Nous avons aussi constaté une tolérance de plus en plus grande à l’égard des attaques personnelles contre des membres de la société civile du Processus de Kimberley et des tentatives de miner l’indépendance et la crédibilité de la Coalition de la société civile. »

Le Processus de Kimberley a déjà été célébré comme l’une des premières initiatives multipartites comportant une collaboration entre les gouvernements, l’industrie et la société civile. Mais au cours des dernières années, ces attaques contre des membres de la société civile par d’autres participants Processus de Kimberley ont causé des dommages irréparables aux fondements mêmes. De l’initiative tripartite

IMPACT continuera de travailler avec les membres du Processus de Kimberley qui cherchent véritablement à mettre fin aux diamants de conflit et aux diamants illicites grâce à la traçabilité et au devoir de diligence, que ce soit par l’entremise du PK ou d’autres initiatives. L’organisation collaborera avec des membres de la société civile dans les pays producteurs de diamants pour assurer l’application efficace de contrôles internes pour les diamants. Plus particulièrement, IMPACT travaillera en toute solidarité avec les membres de la Coalition de la société civile du PK pour assurer une application efficace des contrôles internes des diamants et d’autres minéraux susceptibles de susciter des conflits, et pour soutenir les pays dans l’application de mesures visant à mettre un terme au commerce illicite.

La recherche d’IMPACT sur le conflit en Sierra Leone, menée en 2000, faisait l’objet du premier rapport à établir un lien entre les diamants et le financement des conflits, ce qui a attiré l’attention et engendré une action à l’échelle internationale, portant sur les diamants de conflit. En 2003, IMPACT a été mis en nomination pour le prix Nobel de la paix pour son travail visant à mettre un terme au commerce des diamants de conflit.

 

 

Leave a Comment

*