Du courant sud-africain pour les mines congolaises

Des défis énergétiques importants et une pluviométrie défavorable pourraient contraindre les entreprises congolaises à se tourner vers l’Afrique du Sud pour s’approvisionner en énergie électrique. Durant deux jours, du 13 au 14 avril derniers, des négociations ont mis autour d’une table des représentants de la Société Nationale d’Electricité de la RDC (SNEL) et ceux de la Chambre de Commerce du Congo pour importer de l’électricité produite par la société sud-africaine ESKOM.

Les entreprises minières congolaises se situent pour la majorité dans la province du Katanga, au sud-est de la RDC, et doivent souvent suppléer le déficit d’énergie grâce à des générateurs électriques et des importations de la Zambie voisine à des coûts onéreux, du fait du déficit de la fourniture du réseau national qui ne couvre que la moitié de leurs besoins réels.

La perspective d’importer du courant sud africain laisse plus d’un observateur pensif, quand on sait qu’en 2016, les chefs d’Etat des deux pays avaient annoncé l’accélération du projet Grand Inga, au cours de la 9ème session ordinaire de la Grande Commission mixte RD-Congo-Afrique du Sud, à Kinshasa. Depuis, le projet stagne, l’Etat congolais n’ayant toujours pas encore sélectionné un entrepreneur, alors que le pays fait face à des déficits qui pourraient entrainer une chute de production de 50% dans les principales centrales hydroélectriques du pays due à des précipitations limitées entre les mois de mai et septembre. Le projet d’importation du courant sud africain pourrait prendre du plomb dans l’aile à cause du coût trop élevé que représenterait la pose de milliers de kilomètres de câbles à travers plusieurs pays d’Afrique australe (Zambie, Zimbabwe).

Avec une capacité de 40.000 mégawatts, le projet Grand Inga est la meilleure opportunité énergétique pour la RDC et plusieurs pays du continent. Il prévoit plusieurs phases d’extension des capacités de production électrique sur le site des chutes d’Inga, dans la province du Kongo-Central, où existent actuellement deux barrages construits dans les décennies 1970 et 1980, et fonctionnant aujourd’hui bien en-deçà de leurs capacités. S’il venait à être réalisé, le site d’Inga aurait une capacité de production de 40.000 MW, soit l’équivalent de plus de 24 réacteurs nucléaires de troisième génération, qui seraient exportés jusqu’en Afrique du Sud, mais aussi vers l’Afrique de l’Ouest voire plus au Nord. En gestation depuis plus de dix ans, Inga III, d’un coût total estimé à 12 milliards de dollars, a été ressuscité en 2013 par la promesse faite par l’Afrique du Sud d’acheter plus de la moitié de la production d’électricité du futur barrage assurant ainsi une viabilité financière au projet.

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