Emmanuel Macron élu Président de la République avec 65,7 % des voix

Un article de LCI.FR

EN MARCHE VERS L’ÉLYSÉE – Le candidat d’En Marche ! a remporté dimanche 7 mai l’élection présidentielle avec 65,5 % des voix, contre 34,5 % à son adversaire, la candidate du Front national Marine Le Pen. Il devient ainsi le 8e président de la Ve République.

Une victoire nette et sans bavure. Emmanuel Macron a remporté, dimanche 7 mai, l’improbable pari qu’il avait fait, d’abord en lançant le mouvement En Marche !, le 6 avril 2016, puis en démissionnant de son poste de ministre de l’Economie, le 30 août 2016, et, enfin, en annonçant sa candidature à l’élection présidentielle, le 16 novembre 2016. Selon les premières estimations de l’institut Kantar Sofres OnePoint, l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée a réuni 65,5 % des suffrages, battant très largement sa challengeuse, la candidate du Front national Marine Le Pen. Autres chiffres notables : 25,5% d’abstention, un record pour un second tour de l’élection présidentielle. La même chose peut être dite pour le vote blanc, évalué à 8,1% des suffrages exprimés, et pour le vote nul, évalué à 3,4%.

Rebelle du système

Emmanuel Macron a bâti sa victoire très tôt, en mettant en avant un positionnement politique fait de libéralisme économique et de progressisme sur le plan sociétal, à même de séduire les élus et électorats de centre-gauche et de centre-droit. Ministre aux positions iconoclastes pour un gouvernement socialiste (il a prôné la fin des 35 heures, veut la dégressivité des allocations chômage), il s’est petit à petit construit une image de marginal, notamment en critiquant ouvertement les positions gouvernementales, notamment le débat sur la déchéance de nationalité ou le burkini. Anti-système autoproclamé alors qu’il en est un pur produit, cet énarque, ancien de la banque Rotschild, a également profité de l’épuisement des partis traditionnellement au pouvoir que sont le Parti socialiste et Les Républicains pour imprimer sa marque.

Une stratégie payante, puisqu’il arrivera en tête au premier tour de l’élection présidentielle, le 23 avril, avec plus de 24 % des voix, contre 20 % pour le candidat de la droite François Fillon et 6 % pour Benoît Hamon, candidat frondeur d’un Parti socialiste en totale perte de vitesse et perclus par les divisions. Seuls lui opposeront de la résistance sa challengeuse Marine Le Pen et le candidat de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon.

    

Une campagne entre intox et casseroles

La victoire d’Emmanuel Macron intervient au bout d’une campagne qui n’aura pas été épargnée par les affaires et polémiques en tous genres. La moins importante d’entre elles n’étant pas l’affaire des emplois présumés fictifs qui a touché François Fillon et sa famille, à la fin du mois de janvier. Donné favori de l’élection à ce moment-là de la pré-campagne, il fut progressivement délogé de son piédestal par le jeune outsider, alors donné en solide outsider. Un déclassement auquel François Fillon et ses proches ont répondu par une stratégie anti-médias et anti-justice. Les casseroles judiciaires du Front national, notamment une autre affaire d’emplois présumés fictifs concernant les assistants parlementaires du parti au Parlement européen, auront également animé la campagne, conduisant Marine Le Pen à perdre son immunité parlementaire.

Ce fut également une campagne faite de tensions. D’abord par la capacité de l’extrême droite et ses sympathisants à multiplier les intox et contre-vérités sur le néo-Président : financé par l’Arabie Saoudite, souhaitant réintroduire la charia à Mayotte, détenteur d’un compte caché aux Bahamas… Ces tensions furent finalement incarnées par le débat de l’entre-deux-tours entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Une confrontation dont cette dernière aura largement contribué à abaisser le niveau, entraînant avec elle son adversaire dans l’invective et la petite phrase.

Au bout d’un entre-deux-tours dans lequel il aura eu du mal à rentrer, symbolisé par ses difficultés à l’usine en grève de Whirlpool, Emmanuel Macron va donc faire son entrée à l’Elysée. Profitant à plein de l’effet anti-FN, il ne dispose pourtant pas de blanc-seing de la part d’un corps électoral dont une majorité a voté pour lui par défaut. Il le sait déjà. Peu de temps avant son élection, il prophétisait sur Europe 1 : « Je n’aurais pas d’état de grâce ». Un point commun de plus avec son prédécesseur François Hollande.

 

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