France-Afrique : Vers une Françafrique version En Marche de Macron

Par BAKALA KANE

Après avoir présidé à Paris le mini sommet Europe-Afrique sur la crise migratoire et la conférence des ambassadeurs le président français Emmanuel Macron vient de tenir une de ses promesses électorales sur l’avenir de ses relations avec l’Afrique en créant le conseil présidentiel pour le continent.

Une nouvelle structure rattachée à l’Elysée composée de 15 personnalités Europe-Afrique, des bénévoles issus du milieu économique et de la société civile que les observateurs qualifient d’organe d’alerte ou de vigie. Ce conseil suscite ainsi beaucoup d’interrogations sur son indépendance et son efficacité à traiter au delà de la sécurité des vrais problèmes de l’Afrique en particulier son indépendance économique et monétaire.

De la Françafrique au conseil présidentiel pour l’Afrique, c’est encore le doute qui plane sur les esprits des observateurs qui voient à travers cette apparence de transition, le fantôme du géniteur de la Françafrique, Jacques Foccart dans le sens de la réalpolitik du nouveau président français à peine 100 jours à l’Elysée. La création de cette nouvelle structure de haut niveau rattachée à la présidence relève d’une promesse électorale pour une redéfinition des relations entre la France et en particulier avec ses anciennes colonies d’Afrique. Autrement dit la Françafrique. L’initiateur du Mouvement en Marche s’est inspiré de son succès pour faire un casting de personnalités Europe-Afrique issues du milieu économique et de la société civile, des bénévoles de luxe selon une parité Homme-Femmes qui vont pouvoir l’aider à mieux sérier les problèmes du continent que Macron considère déjà comme l’avenir du monde.

Pour les observateurs, c’est la gouvernance entrepreneuriale de Macron qui avance à grands pas. Le président français affiche ainsi son ambition de travailler sur le business et sur la géopolitique pour le grand projet Europe-Afrique-Méditerranée qu’il lancera lors de sa prochaine visite à Ouagadougou. Cependant les observateurs s’interrogent sur l’indépendance de ce conseil et sur son efficacité sur les vrais problèmes de l’Afrique, en particulier son indépendance économique et financière. Des signes qui ne trompent et qui font l’actualité au Sénégal. Le panafricain Kémi Seba entre les mailles de la justice pour avoir brûlé un billet de 5000 FCFA pour protester contre cette subordination de tous les pays de la zone franc. Au plan économique, la détérioration des termes de l’échange depuis les indépendances n’a pas changé. C’est sur ce partenariat gagnant-gagnant que devra réfléchir ce conseil pour une autre Françafrique pas en mode vigie, encore moins la Françafrique décomplexée de Hollande ou de Sarkozy.

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