Gambie : Adama Barrow sur les pas de la réconciliation nationale

Par BAKALA KANE

Après un an à la tête de la plus haute fonction du pays Adama Barrow tient l’une de ses promesses électorales la plus difficile, la création d’une commission nationale « Vérité et Réconciliation » pour examiner les crimes du passé, en particulier ceux commis sous le régime de son prédécesseur Yaya Jammeh en exil en Guinée équatoriale.

Les députés gambiens viennent d’adopter cette semaine la mise en place de cette nouvelle structure qui sera composée de 11 membres nommés par le président et pour 2 ans. En attendant cet espoir de réconciliation nationale les observateurs s’interrogent en partie sur l’impartialité de cette commission dont le pouvoir reste entre les mains du chef de l’Etat.

Chose promise, chose due. Le président gambien avait promis la vérité sur les exactions de son prédécesseur Yaya Jammeh et une année après, Adama Barrow exécute. Ses députés viennent d’adopter cette semaine à Banjul la création d’une commission nationale « Vérité et Réconciliation » composée de 11 membres mais nommés par le président. Cette nouvelle structure a deux ans pour réconcilier tous les gambiens. La tâche ne sera pas facile pour rétablir la vérité car il s’agira pour ses membres de faire appel aux témoins pour respecter la loi sur l’amnistie de certains coupables qui auraient fait leur mea culpa, par contre sans pitié pour les crimes contre l’humanité.

Des mesures de réparations pour les victimes sont également prévues et sanctions symboliques. Mais en attendant les observateurs s’interrogent sur l’impartialité de cette commission dont les membres sont nommés par le président. C’est l’indépendance des juges qui est pointée du doigt. Le plus dur reste à venir surtout si l’on sait que le principal présumé coupable des exactions est en exil en Guinée équatoriale où règne l’un des plus grands dictateurs africains et certainement le plus corrompu.

C’est le deuxième chef d’état africain débouté hors de son pays après le mauritanien Ould Taya depuis des années en exil doré au Qatar accusé de la déportation de prés de 100 000 noirs au Sénégal et au Mali en 89 et de nombreuses exactions extrajudiciaires en 91. A la différence avec la Gambie le président actuel mauritanien Ould Aziz a tourné le dos à la réconciliation nationale. En tout cas ces premiers pas du nouveau locataire du palais de Banjul vers la réconciliation nationale sont salués par les observateurs comme une volonté politique d’en finir avec l’impunité et par tous les combattants de la liberté comme un exemple de probité.

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