Marche de la Lucha : Justin Bitakwira accuse Moïse Katumbi de financer les mouvements pro-démocratie

Par JEANRIC UMANDE MWENGE

Au lendemain des manifestations violentes qui ont perturbé les activités dans certaines villes du pays, le ministre congolais du Développement Rural, Justin Bitakwira, accuse Moïse Katumbi, l’ancien gouverneur du Katanga contraint à l’exil et candidat déclaré à la présidentielle censée se tenir fin décembre 2017, d’avoir financé les marches de protestation organisé par de mouvements citoyens hostiles au pouvoir.

Le chef de file de l’Opposition Citoyenne affirme que 50 mille dollars ont été envoyés à chaque groupe qui a manifesté à Kinshasa, à Goma et Bukavu. M. Bitakwira dénonce cette pratique qu’il juge inadmissible de la part de ceux qui ont pillé, empoché des millions de dollars au détriment du peuple congolais. « Nous avons des preuves que l’argent de ce Monsieur destiné aux mouvements citoyens est bien arrivé. Ils vont continuer à tenter désespérément de déstabiliser le pays, mais ils ne vont pas réussir », tempête-t-il, avant de se frotter les mains, arguant que l’appel à manifestation de la Lucha, soutenu par l’aile radicale de l’opposition, a été un échec.

Camp Moïse Katumbi. @Photo politico.cd

Dans le camp Katumbi, on a rejeté catégoriquement les allégations jugées infondées du ministre du Développement Rural. Olivier Kamitatu, porte-parole de Katumbi, affirme que le peuple a démontré sa détermination à dire non au troisième mandat de M. Kabila. « Les jeunes se prennent en charge, c’est un problème de conscience face à un pouvoir tyrannique qui veut s’éterniser au pouvoir ». Il enchaîne en assurant que les manifestations réprimées par la police sur l’ensemble du pays lundi 31 juillet 2017 prouvent que le régime Kabila a perdu toute légitimité. L’opposant appelle le président Kabila à cesser de manipuler la Commission Electorale Nationale Indépendante. « Le calendrier électoral doit être publié rapidement », a-t-il déclaré, avant de dénoncer l’encerclement de la résidence de Kyungu wa Kumwanza à Lubumbashi par les forces de l’ordre.

En réaction, Justin Bitakwira pense que le Rassemblement de Limete (principale coalition de l’opposition dirigée par Félix Tshisekedi et Pierre Lumbi), l’UNC de Vital Kamerhe et le Front pour le Respect de la constitution de Jean-Pierre Bemba, présentement détenu à la Haye, avec leurs mouvements pro-démocratie, ont tort d’exiger la publication du calendrier électoral dès lors que l’opération d’enregistrement des électeurs n’est pas encore terminée. Selon lui, dire au peuple que les élections auront lieu à la fin de cette année, c’est de la pure démagogie. « Il n’y a même pas encore de loi sur la répartition des sièges de députés à l’Assemblée Nationale ». Bitakwira s’oppose à l’utilisation des innocents pour des objectifs de conquête de pouvoir par la force.

Au Congo-Kinshasa, la tension monte depuis qu’il y a eu rupture de dialogue, après les travaux pilotés par les évêques catholiques ayant conduit le président Kabila à désigner l’actuel premier ministre, Bruno Tshibala.

Après les heurts d’hier lundi entre les militants pro-démocratie et les forces de l’ordre qui se sont soldés par des arrestations et libération de quelques activistes, le Rassemblement aile radicale réitère son appel à manifester les mardi 08 et mercredi 09 août sur l’ensemble du pays pour exiger la publication du calendrier électoral et la tenue des élections fin décembre 2017. Pour Félix Tshisekedi, M. Kabila doit libérer le processus électoral, car il n’est plus possible d’organiser les élections avec lui à la tête du pays.

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