Mauritanie : Bientôt des conseils régionaux

Par BAKALA KANE

La réforme constitutionnelle décidée par Ould Aziz avance à grands pas. Après le changement des symboles nationaux, c’est au tour des régions de refaire une peau neuve avec un nouveau découpage administratif qui regroupe les régions en 4 zones précises.

La première étant les 2 Hodhs, la deuxième l’Assaba,Tagant,Guidimaka , la troisème Gorgol,Brakna et Trarza et enfin le Tiris Zemmour, Adrar et Inchiri.Les mauritaniens sont appelés ainsi à élire de conseillers régionaux en mai 2018 issus de cette répartition. Les observateurs s’interrogent sur le nombre de conseillers et sur ce que cache cette régionalisation née de la volonté du président Ould Aziz de supprimer le Sénat.
Les mauritaniens sont loin d’être surpris par les avancées de la réforme constitutionnelle décidée par le président Ould Aziz et entérinée par le référendum d’août dernier mais rejetée par la majorité des citoyens dans leur diversité. Après le changement du drapeau national et de l’hymne national c’est au tour des régions de refaire une peau neuve. Leur regroupement en entités pour élire de conseillers régionaux ouvre de nouvelles perspectives de régionalisation pour le pays et pour Ould Aziz qui tient à aller jusqu’au bout de ses ambitions politiques.Le projet de supprimer le Sénat est une initiative personnelle du chef de l’exécutif pour mieux asseoir son pouvoir sur le législatif.

Pour les observateurs la régionalisation est une fuite en avant pour résoudre la question nationale qui bute sur l’accaparement des terres agricoles des régions du Sud par l’Etat et les investisseurs étrangers notamment arabes. Le nouveau découpage administratif qui intègre le Guidimaka dans l’Assaba et le Tagant n’est pas pour autant la panacée miracle pour combattre le régionalisme comme l’imagine le gouvernement mais comme une réponse politique à la fronde des sénateurs et de l’opposition démocratique sous la houlette du FNDU. D’ici les élections en mai 2018 les observateurs s’interrogent notamment sur les compétences des différentes régions définies et de l’implication des politiques de cette réforme.
L’organisation des pouvoirs locaux est une chose et les compétences en sont une autre, surtout en matière de transfert des compétences. Il ne suffit pas de regrouper les régions. Il faudrait donner un sens à la régionalisation qui devra conférer aux régions un rôle plus important dans le développement économique du pays en gommant les disparités entre le Nord industriel et le Sud agricole.

 

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