Mauritanie: Samba Thiam initie des mesures concrètes pour la réconciliation nationale

Par BAKALA KANE

La tentative du gouvernement de régler le passif humanitaire par des indemnisations des veuves et orphelins des 28 soldats noirs assassinés en 91 à Inal suscite des réactions au sein de la classe politique mauritanienne.

Parmi les plus pertinentes figurent celles du chef historique des FPCex-Flam qui prône des mesures pour une réconciliation nationale durable. Pour Samba Thiam la cause profonde de la difficile cohabitation est politique et réside dans la rupture de l’équilibre des différentes communautés. L’ancien prisonnier politique de Ould Taya pointe ainsi la politique d’exclusion depuis l’indépendance jusqu’à nos jours de plus de la moitié des mauritaniens dans les affaires de l’Etat. Et à juste titre c’est une grave erreur pour le régime de Ould Aziz de croire que solder le passif humanitaire suffirait à réconcilier tous les mauritaniens insiste le président des FPC qui conclut dans une déclaration à la presse nationale cette semaine à Nouakchott que la réconciliation nationale passe par l’apaisement et la refondation du pays.

Le président des FPC passe à l’offensive cette semaine à Nouakchott dans une déclaration à la presse nationale sur la question nationale. L’occasion pour Samba Thiam de recadrer les intentions politiques du régime de Ould Aziz qui tente de résoudre le passif humanitaire par des indemnisations des veuves et orphelins des 28 soldats noirs assassinés en 91 à Inal. Cette réouverture du dossier par le ministre de la défense cette semaine après l’échec du 28 novembre à Kaédi est considérée par les observateurs comme une fuite en avant pour retarder les poursuites contre tous les criminels officiers de l’armée.

En réaction à cette politique négationniste le leader négro-mauritanien refuse la fatalité et l’impunité et ouvre ainsi de nouvelles perspectives sur la difficile cohabitation piétinée par les différents locataires du palais de Nouakchott depuis 1960. Ancien prisonnier politique de Ould Taya il est le mieux placé pour jeter un regard sur le blocage du passif humanitaire. L’arrivée au pouvoir de Ould Aziz en 2009 n’a rien changé mais au contraire l’exclusion systématique des noirs dans les affaires de l’Etat s’est empirée avec le durcissement du régime par la répression policière des militants anti-esclavagistes de militants de mouvements citoyens voire des leaders de l’opposition. Par nature cette question nationale est très sensible. Sa solution est dictée par l’impératif de justice et d’équité.

Pour Samba Thiam la cause profonde du passif humanitaire est politique et réside dans la rupture de l’équilibre du mieux vivre ensemble. Le président des FPC avertit que c’est une grave erreur pour Ould Aziz de croire que solder le passif humanitaire suffirait à réconcilier tous les mauritaniens. Dans la perspective de bonnes résolutions le charismatique opposant prône une commission « Vérité et Réconciliation » sur toutes les violations commises par les régimes de 86 à 91 contre la communauté noire.

Cette instance nationale devra être indépendante avec une mission principale de procéder à des enquêtes et d’entendre les victimes et les présumés criminels. Cet apaisement passe par un devoir de vérité, de justice de réparation et de mémoire pour une véritable cohésion sociale. Pour Samba Thiam il s’agira également de refonder le pays pour une nouvelle identité mauritanienne arabo-africaine avec en toile de fond une charte fondamentale pour le respect de toutes les communautés. C’est un long processus. D’autres pays comme l’Afrique du Sud, le Rwanda, etc. l’ont réussi. Il a fallu plus d’un siècle pour certains et plus de 50 ans pour d’autres.

 

 

 

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