Mauritanie/Esclavage : la diaspora contre l’oubli et l’impunité

Par BAKALA KANE

Les mauritaniens dans l’Hexagone vont se rassembler à la place Trocadéro à Paris le 25 novembre prochain à l’appel du collectif des organisations et des mouvements mauritaniens en France. Une marche contre l’impunité et l’oubli pour dénoncer toutes les exactions commises contre les Noirs par les régimes de Nouakchott depuis l’indépendance. L’occasion pour la diaspora d’interpeller la communauté internationale et les autorités de Nouakchott sur le génocide de 89, les crimes d’esclavage et l’enrôlement discriminatoire du régime de Ould Aziz depuis 2009.

Comme chaque année la diaspora se mobilise contre l’oubli et l’impunité. Cette année le rassemblement le 25 novembre prochain à la Place de Trocadéro revêt une signification particulière avec les festivités de l’indépendance à Kaédi une des villes martyrs dont sont originaires au moins 2 officiers parmi les 28 soldats noirs exécutés sommairement le 27 novembre 90 à Inal par la soldatesque du régime de Ould Taya. Une date historique et triste pour la diaspora qui en a fait depuis une journée de deuil et de recueillement pour les victimes. Pour commémorer leur mémoire les organisateurs appellent ainsi au boycott du 57ème anniversaire de l’accession à la souveraineté du pays. A Paris les mauritaniens vont ainsi battre le pavé à l’appel du collectif des associations et mouvements de citoyens pour dénoncer les crimes d’esclavage et toutes les exactions commises contre les noirs par les différents locataires du palais de Nouakchott depuis l’indépendance en 1960.L’occasion pour les manifestants d’interpeller la communauté internationale et les autorités de Nouakchott sur les déportations de 89 sous le régime de Ould Taya.

La diaspora entend également dénoncer le génocide biométrique qui a permis à Ould Aziz de « dénégrifier » la Mauritanie. Des milliers de mauritaniens sont aujourd’hui apatrides et des sans papiers chez eux et à l’étranger. C’est la cohabitation qui sera au centre de la marche du 25 novembre prochain piétinée depuis très longtemps par les pouvoirs successifs de Nouakchott. Les FPC à Nouakchott entendent clairement montrer leur volonté d’en finir avec l’impunité. Malgré deux quinquennats, Ould Aziz semble tourner définitivement le dos à la réconciliation nationale, gage de stabilité du pays.

 

COMMENTS

Leave a Comment

*