Première foire aux plants de Brazzaville : Une affaire juteuse pour les exposants

Par ROSIE TSHANDA

C’est dans l’enceinte du ministère de l’économie forestière que les exposants à la première édition de la  foire des plants ont aménagé trois espaces : un pour les plants forestiers ; un autre pour les plants ornementaux et un dernier pour les plants forestiers.

La foire a été organisée du 3 au 30 novembre dans le seul but de permettre aux Congolais de s’acheter des pépinières et de disposer à la longue des plantations pour améliorer leur économie, leur vie et leur environnement écologique.

Pas possible de quantifier le nombre de visiteurs de cette foire depuis ses débuts, toutefois, ils ont été des milliers qui ont acheté certains plants à vil prix. A partir de 200 FCFA, soit 0.30 centimes en euros, on pouvait se procurer un plant de son choix. Abed Chadrack Massengo, étudiant à la faculté des sciences et techniques de l’Université Marien Ngouabi  rencontré à l’espace plants fruitiers où il aide son père, estime que cette foire est une occasion qui permet aux Brazzavillois de s’approvisionner à vil prix

« Nous proposons aux acheteurs des plants toutes les variétés améliorées de manguiers, mandariniers, pamplemoussiers, les citronniers et les avocatiers. Un plant revient à 2.000 FCFA, soit environ 3.048 euros. C’est moins cher à mon avis parce qu’un arbre quand il est planté et quand il a germé, il vous sert toute la vie »a-t-il déclaré.

Pour sa part, Désiré Ntsokila, visiteur de la foire qui ne s’est pas empêché de faire des achats, nous explique l’utilité de l’arbre selon lui. « J’ai entre mes mains un plant de gnetum. C’est une espèce de légumes que les Congolais consomment presque tous les jours. La recherche a fait qu’on puisse le domestiquer. Un arbre apporte tout.  Aujourd’hui ,on parle des effets de serre, il faut les arbres pour faire face à ce genre de phénomène. J’encourage tous ceux qui plantent. Dans le jargon des agriculteurs, celui qui a planté un arbre est économique riche toute sa vie. Un avocatier qui a atteint sa maturité peut vous procurer  au minimum 100.000 FCFA, soit environ 152 euros »

Sur les lieux de cette foire,  on y retrouve également certains agents du Ministère de l’Environnement. Joachim Vouidibio est l’un d’eux, aujourd’hui à la retraite. Il se désole du fait que l’arbre n’a plus sa valeur d’antan dans la vie du congolais.

« J’ai une ferme d’élevage et je voudrais en faire également un jardin botanique. Je prends toute sorte d’arbres fruitiers ou forestiers. Je m’intéresse plus aux pins qui ont la capacité de rafraîchir et d’épurer l’air. J’aime aussi le citredora qui a des vertus thérapeutiques. Le nombre d’arbres a considérablement diminué au niveau de Brazzaville. Au moment où on devrait avoir de grandes pluies, parfois on n’en a pas. On vit de longues saisons sèches et C’est dommage ».

Un souci que semble partager cet autre fonctionnaire de l’Etat Jean-Jacques Bilampassi, Directeur des finances et de la comptabilité à l’Institut national de recherches agronomiques « J’ai un terrain que j’ai acheté à Imvouba à 123 kilomètres au nord de Brazzaville. Je vais y planter des arbres parce que nous sommes un pays où il y a beaucoup de visionnaires, mais très peu de praticiens. Dans ce domaine, il y a trop peu de banques qui accompagnent, alors qu’en Afrique de l’Ouest on constate qu’il y a des fonctionnaires qui démissionnent pour s’adonner seulement à l’agriculture ».

Pour pallier justement au déboisement que connaît la ville de Brazzaville, le Ministère De l’Economie Forestière a procédé le 06 Novembre dernier lors de la 31ème édition de la journée nationale de l’arbre, au plantage de près de 163.200 plants, uniquement d’acacias sur une superficie de 20 hectares à 60 km au nord de la capitale congolaise.  

Cette foire qui prend fin ce jeudi 30 Novembre a eu pour mérite  non seulement de proposer au public une diversité de plants d’essence forestière, fruitière et ornementale pour la préservation de l’environnement, mais aussi de faciliter le contact entre les producteurs de ces pépinières et les utilisateurs.

 

 

 

 

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