RDC : Quatre civils et un policier tués lors de manifestations à Goma

Des échauffourées entre manifestants et forces de l’ordre ont fait lundi 30 octobre cinq morts (4 civils et un policier), à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, annonce la société civile locale.

L’appel à une journée ville morte sur l’ensemble du pays lancé par le Collectif des Actions de la Société Civile (CASC), pour exiger la tenue des élections, dans le délai fixé par  l’Accord de la Saint sylvestre, a dégénéré dans les provinces du Nord-Kivu et de la Tshopo. « Un policier et quatre civils ont été tués  lors des affrontements entre les forces de l’ordre et les manifestants à Goma au Nord-Kivu », explique un activiste de la Lucha. Bilan contredit par la police. A Kinshasa, le colonel Pierrot Mwanamputu, porte-parole de la police, parle uniquement d’un policier tué.

Le communiqué indique que l’agent de police principal Kapalata Munganga, a été tué par lynchage des manifestants. « Un autre civil à été tué par balle perdue »,  ajoute le communiqué qui fait également état de deux policiers admis aux soins intensifs dans un centre hospitalier de la place. Il s’agit du commissaire adjoint Kashola et de l’agent de police principal Kakombe Biseka.

Après la visite effectuée à l’hôpital CBCA Ndosho par le général Placide Nyembo Ngalusha, commandant provincial de la police du Nord-Kivu, le nombre de blessés a été revu à la hausse soit 18, dont 4 éléments des forces de l’ordre (2 policiers internés à l’hôpital de la police de Katindo et 2 militaires à l’hôpital militaire de Munzenze) et 14 civils. D’ailleurs, tous les 14 civils sont admis dans cet hôpital financé par le CICR. « Un de 14 civils a succombé à ses blessures », a indiqué le médecin urgentiste trouvé sur place.

Outre les dégâts humains, le sous-commissariat de la police et le bureau de quartier de Majengo ont été saccagés et brûlés. Dix manifestants ont été arrêtés et acheminés à la concession du Bureau P 2 de la police de la ville. Entre-temps, des barricades enflammées placées sur la voie publique par des jeunes dans certains quartiers de Goma ont été évacuées par les forces de l’ordre. La police fustige l’instrumentalisation de la jeunesse par des acteurs politiques qui, selon elle, « poussent nos enfants à donner mort à autrui ». Et le colonel Mwanamputu de prévenir que :   « les auteurs, co-auteurs et commanditaires de ces actes macabres seront arrêtés et traduits en justice pour qu’ils répondent des griefs portés à leurs charges ».

Depuis 05h00 du matin, les affrontements ont été signalés entre forces de l’ordre et manifestants sur deux axes : axe Marché Kisoko- Majengo et axe Mutonga-Katoyi. Dans d’autres villes du pays et principalement à Kinshasa, l’appel à la journée ville morte, n’a pas été suivi. Les activités se déroulent normalement.

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