RDC-RSA : Kabila et Zuma pour un processus électoral apaisé au Congo-Kinshasa

A la fin de sa visite de 48 heures à Kinshasa, le président sud-africain, Jacob Zuma a plaidé dimanche 15 octobre 2017, pour un processus électoral apaisé au Congo-Kinshasa.

Empêtré dans des dossiers de détournement de fonds dans son pays, le chef de l’état sud-africain reste un acteur important dans la région d’Afrique Australe. Il n’hésite pas à afficher son soutien à Joseph Kabila. Et A Kinshasa, il l’a encore fait. Zuma refuse toute ingérence extérieure dans les affaires intérieures des pays africains.

Depuis toujours, en vrai panafricaniste, il embarque la SADC à se liguer derrière Joseph Kabila contre les occidentaux. « Même si le ton monte contre Kinshasa, lui tempère et assure qu’il n’y aura rien », explique un diplomate africain en poste à Kinshasa.

A une semaine de l’arrivée en RDC de Nikki Haley, l’ambassadrice des États-Unis à l’ONU, Zuma a déjà, de manière tacite, fait passer le message. « Personne ne peut dicter aux congolais la marche à suivre pour leurs propres élections », se targue un proche du président Kabila.

Dans le communiqué final sanctionnant les travaux après sa visite de travail à Kinshasa, le président sud-africain a exprimé « son soutien au processus électoral en cours en République Démocratique du Congo ». 

Un soutien qui tranche avec le débat de 504 jours que le président de la commission électorale nationale indépendante, Corneille Nangaa a lancé dans l’opinion pour l’organisation des élections, à la fin de  l’enrôlement des électeurs au Kasaï.

Le délai fait polémique. Il renvoie les élections en 2019, soit deux ans après ce qui a été convenu dans l’Accord de la Saint Sylvestre, arraché de haute lutte par les évêques catholiques. Les 504 jours proposés par Nangaa sont contestés surtout par l’aile radicale du Rassemblement. Félix Tshisekedi, le chef de cette faction de l’opposition très hostile au président Kabila, a prévenu qu’avec ce délai, le président Kabila et « son serviteur » Corneille Nangaa, ont déclaré la guerre au peuple congolais.

Déjà, il a appelé le peuple congolais à se prendre en charge. Très clairement, le Rassemblement Limete a zappé Joseph Kabila et appelé à une transition sans lui à l’échéance de l’Accord du centre interdiocesain, le 31décembre 2017.

Le discours de Félix Tshisekedi a reçu des échos positifs outre-Atlantique. Beaucoup de dirigeants occidentaux voient en Kabila, sa volonté de se maintenir au pouvoir, au terme de ses deux mandats. Pourtant, la constitution lui interdit.

Et Nikki Haley ne manquera pas de répéter le même discours lors de son passage à Kinshasa. Mais, dans la région, Kabila semble avoir des soutiens. Outre l’ancien chef de l’état angolais Dos Santos réticent dans le schéma de la présidence à vie, les autres présidents de pays limitrophes de la RDC approuvent la démarche parce qu’eux-mêmes, ont réussi le coup dans leurs pays ou tentent de changer la constitution pour s’éterniser au pouvoir.

A Kinshasa, Zuma et Kabila ont, après leur échange fraternel sur le développement de la situation politique, sécuritaire et économique, réitéré leur totale adhésion aux décisions pertinentes du 37° sommet de la SADC concernant l’évolution positive de la situation politique en République Démocratique du Congo.

En outre, ils ont réaffirmé leur détermination à consolider les acquis de la démocratie, de la stabilité, de la sécurité et de la prospérité en faveur des peuples de la région.

Sur le plan économique, Joseph Kabila et Jacob Zuma ont également renouvelé leur engagement à consolider les relations bilatérales excellentes qui existent entre la République Démocratique du Congo et la République d’Afrique du Sud.

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