RDC : Violents heurts entre policiers et manifestants à Butembo

Par JEANRIC UMANDE MWENGE

Des policiers ont dû recourir lundi 11 septembre 2017 à l’usage des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants « enragés », constitués principalement des activistes de la société civile, qui exigeaient la démission du maire de la ville et de toutes les autres autorités politico-militaires, incapables à leurs yeux, d’endiguer l’insécurité.

Aux premières du matin,  « les soldats et les policiers ont tiré à balles réelles pour disperser les manifestants qui ne juraient que par le départ du Maire », s’est indigné un organisateur de la marche. Affirmation aussitôt démentie par les services du maire qui parlent d’une propagande de mauvais goût et de pure intoxication.

Le sit-in projeté par la société civile locale n’a plus eu lieu. Pour dire non à  l’insécurité dans la ville de Butembo, des manifestants avaient annoncé un sit-in pour ce lundi devant la mairie. Pourtant, l’armée et la police avaient prévu aussi leur parade à la même heure. Le clash était donc inévitable.

Des crépitements de balles ont été fortement entendus, créant la panique dans la ville. L’armée et la police s’activaient à les manifestants. Les principaux organisateurs de la manifestation ont dénoncé l’usage des armes à feu.

Butembo a connu une ville presque morte, lundi. Les activités ont été paralysées. La tension était perceptible surtout dans la commune de Furu, considérée comme l’épicentre de la contestation. Des jeeps de l’armée et de la police patrouillent dans les rues.

Dimanche soir déjà, les jeunes  brûlaient des pneus que les agents de l’ordre s’attelaient a éteindre pour dégager la chaussée.

De ces heurts violents, il ressort un bilan provisoire d’un blessé par balle et de plusieurs arrestations. « Le blessé serait un motard qui aurait été touché à la cuisse par une balle », selon la société civile locale.

Monument de la ville de Butembo

A haute voix, les forces vives ont dénoncé l’arrestation de centaines de manifestants et exigé leur libération sans condition. Les organisateurs crient aussi à la l’usage disproportionné de la force. La MONUSCO a été appelée à intervenir pour mettre fin à la répression policière à Furu.

Depuis près de trois semaines, la société civile du Grand Nord avait lancé une pétition visant le départ du Maire, des bourgmestres ainsi que des responsables des services de renseignements de la ville de Butembo pour incompétence et surtout pour  l’incapacité de stopper la recrudescence de l’insécurité.

 

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