Sénégal : les citoyens plaident pour le retour de Kémi Séba

Par BAKALA KANE

Après l’expulsion du panafricaniste Kémi Séba du Sénégal le 7 septembre dernier pour des menaces à l’ordre public, des voix se sont élevées partout en Afrique, notamment dans les réseaux sociaux pour condamner cette décision sénégalaise qualifiée de déportation par les observateurs qui relèvent un Etat de droit bafoué. En première ligne de cette contestation, le mouvement Y’en a marre qui s’apprête à une grande marche citoyenne à Dakar le 16 septembre prochain avant de lancer une caravane dans la capitale sénégalaise et à Niamey contre le FCFA.

Ce retour précipité en France du polémiste franco-béninois cette semaine est qualifiée par les observateurs de scandale de la république dans la mesure où la justice sénégalaise a bafoué le droit en faisant fi au recours qui permettait au moins de contester cette décision avant son application manu militari. Les arguments avancés par les autorités de Dakar pour menaces à l’ordre public et propos désobligeants à l’égard des chefs d’Etat africain relèvent d’une autre époque dans un pays démocratique qui fait de la liberté d’opinion son principal credo.

C’est une image écornée de Macky Sall qui donne ainsi un mauvais exemple de gouvernance démocratique. Pays de la Téranga (hospitalité légendaire), le Sénégal devient terre d’expulsion ou de déportation des combattants de la liberté. En1999, le porte-parole des FPC Kaaw Touré exilé à Dakar avait échappé à une extradition grâce à la protection du HCR pour une expulsion vers la Suède. Les deux images représentent des opposants à une Afrique bâillonnée. Et pour les futures générations, c’est un devoir de mémoire. Indignation, consternation, honte …les africains ne trouvent pas les mots pour qualifier cette décision sénégalaise qui fait l’objet de nombreuses controverses. En première ligne de cette contestation le mouvement Y en a marre qui se mobilise pour une marche citoyenne le 16 septembre prochain à Dakar et qui s’apprête à lancer une caravane contre le FCA à Dakar et à Niamey. En définitive cette déportation aura au moins permis de relancer le débat en Afrique sur la souveraineté monétaire.

 

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