Zimbabwe : Un premier fermier blanc reprend possession de ses terres

Le gouvernement zimbabwéen n’aura pas tardé à passer de la parole aux actes. Moins d’un mois après que le président Emmerson Mnangagwa a affirmé, dans son discours d’investiture, que les propriétaires terriens blancs expropriés dans le cadre de la réforme agraire menée par son prédécesseur, Robert Mugabe, seraient dédommagés, un premier bénéficiaire, Robert Smart, vient de retrouver la propriété de terres qui lui avaient été retirées au profit d’un religieux proche de l’ex-président, renseigne l’Agence Ecofin.

« M. Smart, comme d’autres, a été victime de la discrimination raciale, de l’avidité et d’un abus de pouvoir. Leurs terres ont été confisquées de façon illégale », a expliqué à l’AFP un conseiller du président.

Symbolique ou précurseur, cette restitution concrétise une parole politique à laquelle nombre d’observateurs peinent à accorder du crédit. Car une hirondelle est loin de suffire à faire le printemps…des fermiers blancs zimbabwéens. En 2000, lorsque le président Robert Mugabe lnce la réforme agraire, les terres avaient été redistribuées, parfois dans la violence, à la majorité noire.

Officiellement, il s’agissait de corriger les inégalités héritées du passé colonial. La réforme avait été lancée au moment où Robert Mugabe venait de perdre un référendum constitutionnel et voyait se profiler une difficile réélection en 2002. Mais mal organisé, ce remembrement s’était fait au profit de proches du régime et de fermiers sans équipements et souvent sans formation, provoquant un effondrement brutal de la production. en 2008, elle représentait 800 millions de dollars (673 millions d’euros), contre 2,9 milliards en 2001, selon la Banque Mondiale. Elle s’est depuis ressaisie à 1, 3 milliards de dollars.

 

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