Mauritanie : 52 ème anniversaire du Manifeste des 19 noirs

Par BAKALA KANE

La communauté négro-africaine a commémoré cette fin de semaine le 52ème anniversaire des arrestations des 19 noirs signataires le 11 février 66 d’un manifeste pour protester contre la généralisation de l’arabe dans le secondaire. Pour la diaspora c’est une journée contre l’oubli et in fine un devoir de mémoire pour ces cadres qui ont très tôt dénoncé le racisme d’Etat sous le régime du père de la nation Mokhtar Ould Daddah. Pour les observateurs cette césure dans l’histoire du pays est le début d’une longue marche pour les noirs.

En effet le 13 janvier 1966 marque une césure dans l’histoire de la cohabitation en Mauritanie. Le gouvernement sous le régime de Mokhtar Ould Daddah père de la nation adoptait une loi qui rendait obligatoire l’enseignement de l’arabe dans le secondaire. Dans les jours qui ont suivi, les manifestations des écoliers noirs se sont déroulées d’abord dans les deux principaux lycées de Nouakchott et Rosso avant de se propager à l’intérieur du pays. Une grève illimitée des lycéens qui a secoué le pays et surtout les autorités de Nouakchott qui ont engagé une véritable chasse à l’homme en arrêtant le 11 janvier les 19 cadres mauritaniens signataires d’un manifeste qui demandait l’annulation de ce décret.

Une situation qui fait basculer le pays dans le giron des nationalistes arabes. Et depuis cette politique d’arabisation à outrance touche tous les secteurs et excluant ainsi les noirs aux hautes fonctions dans l’administration et dans l’armée. Et 20 ans plus tard ce sont les dirigeants des FPC ex-Flam qui vont être arrêtés et jugés injustement avant d’être emprisonnés à Oualata où quatre d’entre eux trouveront la mort.

La commémoration du Manifeste des 19 donne ainsi tout son sens au Manifeste du négro mauritanien opprimé qui dénonçait le racisme d’Etat de tous les locataires du palais de Nouakchott depuis 1960 excepté le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui avait amorcé la réconciliation nationale avant d’être victime du coup d’Etat de Ould Aziz en 2008.Pour la diaspora la commémoration du 52ème anniversaire du Manifeste des 19 est un devoir de mémoire, une invitation à une « radiothérapie politique pour détruire les cellules mangeuses de la diversité » comme le prônent les historiens Ciré Bâ et Boubacar Diagana.

 

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