RDC : Des consulats européens instruits de reprendre les activités de la Maison Schengen

Les autorités congolaises ont décidé de passer à la vitesse supérieure dans le dossier de fermeture de la Maison Schengen à Kinshasa. Ce qui semblait n’être qu’une querelle de famille s’achemine vraisemblablement vers un bras de fer entre Kinshasa et Bruxelles.

Environ une semaine après la conférence de presse du président congolais Joseph Kabila, la Direction générale de migration (DGM) a demandé mercredi au cours d’une séance de travail aux consuls des pays membres de l’Espace Schengen de prendre des dispositions adéquates pour la reprise des activités consulaires autrefois dévolues à la maison Schengen à Kinshasa.

L’instruction de la DGM à ces diplomates est consécutive à la décision du gouvernement congolais relative à la fermeture prochaine de la Maison Schengen. De source bien informée, les consuls auraient rappelé au directeur de la DGM la nécessité d’un accord préalable de leurs États avant tout changement.

On se souviendra que le 10 janvier dernier, dans la foulée de la répression de la marche des catholiques du 31 décembre, le gouvernement belge, à travers son ministre des Affaires étrangères Didier Reynders et son collègue de la la Coopération Alexander De Croo, avait annoncé que la Belgique mettait fin à une série d’interventions qui devaient être mises en œuvre directement par les autorités congolaises. Cela concernait des interventions pour un montant total de 25 millions d’euros qui n’ont pas encore été signées ou qui ont déjà été temporairement suspendues. Mais les ministres ajoutaient que la Belgique souhaitait cependant renforcer sa solidarité à l’égard de la population congolaise et « affectera, pour cette raison, les moyens libérés au profit de l’aide humanitaire et d’autres initiatives répondant aux besoins les plus pressants de la population ».

En parallèle, davantage de coopération avec des organisations non-gouvernementales sera recherchée. Enabel, la nouvelle agence belge de développement, recevra également la mission de soutenir des organisations de la société civile congolaise sur le plan des droits de l’homme et des libertés politiques, expliquaient encore les affaires étrangère belges.

Deux semaines plus tard, le chef de la diplomatie congolaise dans une note verbale annonce à l’ambassade de Belgique à Kinshasa que  « la nouvelle Agence de développement (ENABEL) n’a plus sa raison d’être en République démocratique du Congo et invite dès lors (la Belgique) de tirer toutes les conséquences qui s’imposent. Le ministère saisit cette opportunité pour informer le gouvernement Belge de sa décision de fermer dans un bref délai la Maison Schengen à Kinshasa. »

 

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