RDC : Deux morts par balles après la marche des catholiques

RFI/RAF

A Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo (RDC), la marche des fidèles de l’église catholique s’est soldée par un mort par balle. Cette énième marche appelée par la comité laïc de coordination n’a pas reçu l’autorisation du gouverneur de la ville, André Kimbuta. Le bilan pour l’ensemble du pays fait cependant état de deux morts. Un mort et deux blessés par balle à Kinshasa, bilan corroboré par des sources indépendantes. Le deuxième mort a été recensé à Mbandaka, dans la province de l’Equateur.

Ce bila a tout de même été contesté par le porte-parole de la police, qui a annoncé à la télévision publique, RTNC, deux blessés graves (des délinquants) et de interpellations à Goma.

En début d’après-midi, la tension a commencé à retomber à Kinshasa où les check-points ont été progressivement levés et où la circulation a repris timidement.

Dimanche matin, les barrages de police étaient certes moins nombreux dans la capitale par rapport aux marches précédentes et internet a été coupé plus tard que la dernière fois aussi. Aux environs de 9 heures. Mais comme le 31 décembre et le 21 janvier, les marches ont été rapidement dispersées à coup de gaz lacrymogènes et tirs à balles réelles. Un homme a été tué dans la capitale, dans une paroisse de Lemba. Son décès a été constaté à l’hôpital. Deux autres personnes ont été blessées par balles. Selon le mouvement citoyen La Lucha, des fidèles ont été tabassés.

La police, dont le porte-parole parle d’un blessé grave et qui avait affiché l’objectif «zéro mort», déclare elle n’avoir utilisé que des balles en caoutchouc.

Marche interdite aussi en provinces

Selon RFI, cette nouvelle journée de marche à l’appel du Comité laïc contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila était également interdite à l’intérieur du pays. Gaz lacrymogènes, tirs à balles réelles, coups de bâtons étaient au menu de la journée… « A Kisangani, les forces de l’ordre ont violemment réprimé la marche des chrétiens. Au niveau de la cathédrale Christ-Roi, dans la commune de Mangobo, deux manifestants ont été grièvement blessés, selon des témoins, joints au téléphone. Trois prêtres ont été également interpelés et embarqués dans une jeep par la police », a déclaré la radio française, qui a publié le témoignage suivant: « un Congolais a tenté de manifester aux abords de la cathédrale de Kisangani. « La police a réagi vraiment brutalement. Il y a eu des coups de balles, des bombes lacrymogènes. Ils ont bloqué toutes les issues. Une personne a été blessée à la jambe et au niveau du cou. Une autre personne a été tabassée. Elle était devant moi. Ce que je vous dis, c’est ce que j’ai vu. La répression était vraiment terrible. La Monusco est venue mais elle est arrivée trop tard. C’était déjà fini » »

A Lubumbashi, un camion remorque en provenance du poste frontière de Kasumbalesa, a été incendié avec toute sa cargaison à l’entrée de la ville. Peu avant, la police et l’armée avaient également dispersé des rassemblements de manifestants à la cathédrale Saint-Pierre et Paul et dans au moins quatre autres paroisses. Des maisons supposées appartenir aux policiers ont été incendiées à Bandaka, après des tirs de sommation pour dissuader la population à manifester. Dans d’autres villes, comme Goma, Bukavu et Kikwit, les marches ont été étouffées. La police et l’armée étaient déployées massivement dans les rues. Ce matin, la situation était calme pourtant à la paroisse Saint-François de Sales à Kitambo, quartier nord de Kinshasa, où s’était rendu notre correspondant.

 

 

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