France : Grève contre la réforme de la SNCF, fortes perturbations dès mardi 3 avril

Une grève qui s’annonce très suivie débute à la SNCF lundi 2 avril à 19 heures. Elle s’arrêtera mercredi soir, mais reprendra dès samedi soir à 19 heures. Car les principaux syndicats de l’entreprise ont choisi de faire grève deux jours tous les cinq jours, et ce jusqu’à la fin juin. Ils comptent ainsi faire plier le gouvernement, qui veut réformer l’entreprise publique, notamment pour la préparer à l’ouverture à la concurrence, imposée par les instances européennes. Les cheminots refusent également la réforme de leur statut pour les nouveaux entrants dans l’entreprise, réforme qui devrait intervenir dans un second temps.

Ce bras de fer entre les syndicats de cheminots et le gouvernement risque de pénaliser fortement les usagers. Mardi, au premier jour de la mobilisation, près de huit conducteurs du dix seront en grève, et le trafic sera extrêmement perturbé. Pour savoir si un train circule ou non, la SNCF invite les usagers à se connecter la veille du départ à partir de 17 heures sur le site SNCF.com et l’application mobile SNCF.

Le projet de réforme de la SNCF « vise à détruire le service public ferroviaire »et « ne réglera pas le sujet de la dette, ni celui des dysfonctionnements », affirment les syndicalistes dans leur préavis. Cette grève survient après l’annonce du projet de réforme porté par le gouvernement qui vise, selon les syndicats, à préparer l’entreprise à l’ouverture des chemins de fer à la concurrence. Un objectif que rejette le gouvernement.

La réforme du statut de cheminot. Parmi les principales mesures qui ne passent pas : la suppression du stattut de cheminot pour les futures personnes embauchées. Un statut qui octroie plusieurs avantages et qui symbolise les acquis sociaux historiques des cheminots.

– La crainte d’une privatisation. La transformation de la SNCF en société anonyme prévue dans le projet de loi mènerait l’entreprise à une future privatisation selon les syndicats et est aussi au centre des préoccupations. Une telle évolution est pourtant réfutée en bloc par le gouvernement.

– Des fermetures de petites lignes. Les cheminots s’inquiètent aussi d’éventuelles fermetures de petites lignes régionales. La rentabilité de 9 000 kilomètres de ces lignes est remise en cause par le rapport Spinetta, remis au gouvernement à la mi-février. Ce document, commandé par le Premier ministre, devait servir de base de réflexion au projet de réforme de la SNCF. Edouard Philippe, a indiqué qu’il ne suivrait pas le rapport sur ces suppressions, mais les syndicats estiment qu’il déléguera la responsabilité aux régions. Déjà fragilisées par un manque de moyens, elles seraient obligées de fermer ces lignes régionales, estime la CGT.

– L’épineuse gestion de la dette de la SNCF. Les syndicalistes estiment également que la dette de la SNCF, qui représente 45 milliards d’euros, pèse trop sur les épaules de l’entreprise, alors que c’est l’Etat qui en serait responsable. Selon eux, elle doit être reprise intégralement par l’Etat. Mais cette question est absente du projet de loi du gouvernement.

Combien de temps va durer la grève ?

L’intersyndicale a opté pour un mouvement dur. A l’initiative de la CGT, l’Unsa, et la CFDT, la mobilisation débute officiellement mardi 3 avril, et pourrait durer jusqu’au 28 juin. La mobilisation n’aura pas lieu tous les jours, mais à un rythme de deux journées sur cinq. Si aucun compromis n’est trouvé d’ici là, cette grève « perlée » s’étalera donc au total sur 36 jours, pendant trois mois.

Voici le détail des dates :

  • En avril: les 3, 4, 8, 9, 13, 14, 18, 19, 23, 24, 28 et 29.
  • En mai :les 3, 4, 8, 9, 13, 14, 18, 19, 23, 24, 28 et 29.
  • En juin :les 2, 3, 7, 8, 12, 13, 17, 18, 22, 23, 27 et le 28.

De son côté, le troisième syndicat de la SNCF, Sud Rail, a déposé un préavis de grève illimitée, reconductible par 24 heures, qui débutera le lundi 2 avril à 20 heures.

Comment réagit le gouvernement ?

Dimanche, la ministre des Transports, Elisabeth Borne, a fustigé dans Le Parisien l’attitude « incompréhensible » des syndicats. « Il nous reste un mois pour discuter sur l’organisation de la SNCF et […] l’arrêt du recrutement au statut des cheminots à une date à définir, a déclaré la ministre. Personne ne peut comprendre que les syndicats de cheminots engagent une grève longue et pénalisante alors que le gouvernement est dans le dialogue. »

Elle assure que « toutes les garanties sont données » aux cheminots sur la sauvegarde de leur statut actuel. « Le principe de l’ouverture à la concurrence par exemple n’est pas négociable mais ses modalités oui », tente-t-elle de rassurer.

Quelles conséquences pour les usagers ?

« Cette grève sera très pénalisante pour nos clients », a d’ores et déjà prévenu le président de la SNCF, Guillaume PepyDimanche, la direction a annoncé ses premières prévisions pour les journées de mardi 3 et mercredi 4 avril. Et elles laissent entrevoir une grève très dure. Au premier jour de la mobilisation, ne devraient circuler que 12% des TGV, 13% des Intercités, 6% des TER, et le fonctionnement des trains de banlieue en Ile-de-France sera très fortement perturbée.

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