Mauritanie-Sénégal : l’heure de vérité entre Dakar et Nouakchott

Par BAKALA KANE

Au lendemain des émeutes violentes dans le quartier des pêcheurs à Guet-Ndar suite à la mort d’un des leurs le 27 janvier dernier dans les eaux mauritaniennes, l’heure est à l’apaisement et aux solutions pour résoudre l’un des contentieux le plus douloureux dans le domaine de la pêche entre le Sénégal et la Mauritanie.

Les autorités sénégalaises sont sur le terrain à Saint-Louis pour calmer les émeutiers en promettant de protéger désormais les pêcheurs en haute mer par un patrouilleur de l’armée et une sortie de crise avec Nouakchott pour sceller définitivement un nouvel accord. Les autorités de Nouakchott vont envoyer un émissaire à Dakar après les excuses d’Ould Aziz à son homologue Macky Sall. Toutefois les observateurs sont très inquiets d’un retour possible des démons du passé si l’état de droit n’est pas rétabli en Mauritanie.

Sénégalais et mauritaniens étaient à bout de nerfs après la mort d’un pêcheur sénégalais dans les eaux mauritaniennes le 27 janvier dernier. A Guet-Ndar à Saint-Louis, le fief des pêcheurs victimes des tirs des gardes-côtes mauritaniennes, la population est descendue dans la rue pour saccager les boutiques des commerçants maures. La sagesse et l’anticipation des forces de l’ordre ont prévalu et le calme est revenu après la visite du ministre de la pêche. Le pire est pour l’instant évité. L’heure de vérité a sonné pour les deux pays qui ont de lourds contentieux à résoudre avant que les vieux démons du passé surgissent.

Hormis la question épineuse de la pêche, les présidents Macky Sall et Ould Aziz devront remettre sur la table le problème de la transhumance du bétail de plus en plus contraignant pour les éleveurs mauritaniens confrontés à la rareté de pâturages. Un point fort que Dakar compte mettre sur la balance pour de nouveaux accords s’il n’est pas entendu par Nouakchott pour infléchir sa position sur un accord de pêche.

Ensuite, le dossier brûlant sur la circulation des biens et des personnes est un véritable casse-tête pour les autorités sénégalaises. Malgré les nombreux accords internationaux et régionaux et sous-régionaux signés par la Mauritanie dans ce domaine, l’institution de la carte de séjour aux étrangers africains ne va dans le sens des règles de bon voisinage entre deux pays frères depuis des millénaires. Des règles qui dictent à chaque pays le respect des institutions et la tolérance. Dans ce sens, l’usage de la force par la Mauritanie dans ses eaux territoriales est aberrant. Et cet acte nuit aux relations bilatérales. Près d’un million de sénégalais vivent en Mauritanie tandis que plus de 100 000 mauritaniens sont établis au Sénégal, dont la majorité sont des commerçants. De quoi faire reculer toutes les propagandes mensongères véhiculées par les réseaux sociaux ou certaines presses en mal de publication. Mais les observateurs sont très inquiets d’un retour possible des démons du passé si l’état de droit n’est pas vite rétabli en Mauritanie.

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