RDC : Ensemble pour le changement gagne son pari à Kinshasa

Le premier rassemblement populaire d’Ensemble pour le Changement organisé dimanche 10 juin à Kinshasa a été un franc succès. Pari gagné donc pour la plateforme de soutien à Moïse Katumbi Chapwe. Ce premier test de popularité de l’ancien gouverneur du Katanga en exil en Europe confirme sa capacité de mobilisation en dehors de la province cuprifère du Katanga, son fief naturel. Par milliers, ses sympathisants ont afflué vers la place Sainte Thérèse, dans la commune de Ndjili, à l’Est de Kinshasa.

C’est via Skype, projeté sur des écrans géants que l’ancien Gouv’ a harangué des milliers de kinois galvanisés par son message délivré en lingala, première langue de la capitale congolaise : « Nous devons tout faire, en accord avec votre fils et mon frère, Jean-Pierre Bemba, avec Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe et les autres pour présenter une candidature commune à la présidentielle ».
En effet, ce message tombe à point nommé, deux jours après que la Cour Pénale Internationale ait acquitté Jean-Pierre Bemba des charges de « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité » qui pesaient sur lui. Moïse Katumbi a depuis quelques temps entrepris de convaincre les ténors de l’opposition congolaise à s’unir pour une candidature commune à la présidentielle prévue le 23 décembre prochain. C’est l’unique solution « pour barrer la route à un troisième mandat voulu par le président Kabila », a-t-il ajouté, sous des applaudissements nourris de ses partisans. Dans la foulée, il a promis, lorsqu’il sera élu, de « mettre fin à la souffrance » des habitants de Kinshasa et des RD-Congolais qui sont privés de salaires, d’eau et d’électricité par le gouvernement du président Joseph Kabila. En réaction, la foule bien galvanisée, a scandé : « Nous t’attendons pour t’élire président de la République ».

             

Ce rassemblement de la plateforme Ensemble pour le Changement est le deuxième meeting de l’opposition – après celui de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) le 24 avril 2018 – autorisé dans la capitale congolaise depuis septembre 2016. Aucun incident n’a été enregistré. Globalement, à en croire les observateurs, l’ambiance était très différentes des tensions qui ont régné durant les manifestations interdites de l’opposition l’année dernière. Ce qui n’a pas manqué de réjouir Florence Marchal, la porte-parole de la Mission des Nations Unies au Congo (Monusco), qui a déclaré à Radio Okapi : « La Monusco félicite les deux parties pour le bon déroulement de la manifestation qui a été organisée samedi. Tout d’abord les autorités de la province de Kinshasa qui ont permis la tenue de cette manifestation et d’autre part les partis politiques de l’opposition à l’origine de la manifestation, pour l’avoir organisée dans une ambiance sereine et sans violences. Il est important qu’en cette année électorale, les manifestations puissent se dérouler sans violences sur l’ensemble du territoire congolais. (…) La Monusco, à travers la Représentante Spéciale du Secrétaire Général, va continuer son plaidoyer pour que de telles manifestations puissent se dérouler sur l’ensemble du territoire congolais, parce qu’il est important qu’en cette année électorale, l’exercice de la liberté d’expression soit garanti dans un environnement pacifique ».

De son côté, le ministre provincial chargé de la Population et de la Sécurité, Emmanuel Akweti, a noté que l’allègement par le gouvernement provincial des mesures restrictives jadis appliquées sur les activités politiques obéit à l’évaluation des risques dans la protection des personnes. Il a déclaré à Radio Okapi que « par rapport aux deux dernières manifestations, les uns et les autres ont respecté les dispositions légales en cette manière. »

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