RDC / Mort de Lynda Katina : Où est la vérité ?

On se souvient, l’affaire a défrayé la chronique en ce mois de mars 2018. Lynda Katina, une jeune femme de 31 ans, de nationalité congolaise de la République Démocratique du Congo (RDC), aurait trouvé la mort des suites de « violences conjugales ».

Certains médias en ligne et des internautes sur les réseaux sociaux ont commenté l’affaire sans évoquer des sources précises. Ainsi, voiceofcongo.net souligne : « Lynda Katina a rendu l’âme […] dans un centre hospitalier de la capitale avec un visage complètement défiguré ». Tandis que mbote.cd mentionne : « Lynda Katina […] venait à peine de célébrer son mariage. Son mari Francis Mbuyi l’a battue et la jeune femme a trouvé la mort au centre hospitalier Monkole. ».

De nombreux observateurs, des internautes tout particulièrement, ont peint un tableau très sombre du mari, Francis Mbuyi, l’affublant des qualificatifs comme « criminel, assassin, etc. ». Les Congolais, généralement friands de ce genre de faits, ont ainsi scellé le sort du mari, le désignant d’ores-et-déjà « coupable » sans l’avoir entendu. En d’autres termes, ils n’ont pas entendu l’autre son de cloche, celui de l’accusé, alors qu’il est important dans ce genre de situation d’avoir les deux versions, afin de se faire une idée juste et équilibrée sur les faits.

La rédaction de Radio Afrique France (RAF), qui a voulu en savoir davantage, a contacté la famille du mari qui lui a livré une toute autre version des faits. Voici sa relation des faits :

« Lynda Katina est décédée en date du 06 mars dernier à l’hôpital Monkole suite à une méningite, résultat communiqué après plusieurs examens approfondis à son époux, Francis Mbuyi, et à la famille de la défunte par le médecin traitant à HJ Hospital à Kinshasa en date du 15 février 2018.

        

Les photos qui circulent dans le but de nuire à son mari sont un montage grossier des personnes malveillantes. Il y a deux ans, précisément en janvier 2016, comme ça peut arriver à tous les couples, les deux ont eu une dispute et cela a malheureusement dégénéré. L’épouse en est sortie avec des hématomes à l’œil droit et une blessure au nez et l’homme poignardé par son épouse, a eu des blessures, notamment au niveau de la cuisse gauche. Les deux, dans un état conscient, ont été acheminés vers des structures médicales de la place pour une prise en charge adéquate. En son temps, Lynda a fait l’objet d’un contrôle médical approfondi (scanner, etc.) à Ngaliema Center et le rapport médical n’avait révélé aucun traumatisme crânien. Elle sera ainsi libérée de l’hôpital en moins d’une semaine.

Les deux familles se sont alors rencontrées, des excuses ont été présentées et des amendes payées à la famille de Lynda, comme exigé. Les deux conjoints se sont remis ensemble et ont continué leur vie de couple normalement avec les hauts et les bas que tout couple peut connaître.

  

Les rapports entre les deux familles étaient bons. Aucun incident de violence dans le couple n’a plus jamais été rapporté depuis, ni de la part de Lynda, ni de la part de Francis. Lynda n’avait jamais présenté une quelconque séquelle depuis l’incident en janvier 2016. Francis allait dans sa belle-famille normalement et pareil pour Lynda. Le 1er janvier 2018, le couple s’est retrouvé dans la famille de Lynda pour célébrer le nouvel an en famille, comme vous pouvez le constater sur cette photo.

Où est-ce que Lynda aurait pu contracter les bactéries responsables de la méningite retrouvée dans son système nerveux ? D’après les recherches, ces bactéries peuvent se développer dans la promiscuité entre les porcs et les humains et dans de mauvaises conditions d’élevage et d’hygiène. Ceci nous amène en novembre 2017, lorsqu’elle se rend à Lubumbashi en mission de service pour une dizaine de jours dans le cadre de l’ONG Fondajen où elle travaillait notamment dans la branche agro pastorale.

Elle est malheureusement tombée malade quelques jours avant son retour à Kinshasa en date du 03 décembre 2017.

Durant deux mois et demi, les médecins de différents hôpitaux de la capitale ont longtemps tâtonné avant que la méningite ne soit finalement découverte le 15 février 2018 à HJ Hospital, soient deux semaines et demi avant sa mort. Son époux, Francis Mbuyi, accompagné de sa belle-famille ont été présents et ensemble, durant toute la période de sa maladie jusqu’à la mort de Lynda à l’hôpital Monkole, le mardi 06 mars 2018.

Du mardi 06 au samedi 10 mars, tout le monde, y compris la belle-famille, était au domicile de Francis pour le deuil. Assisté par les siens, son employeur ainsi que l’employeur de sa défunte épouse, il a organisé les funérailles en plus de s’être battu bec et ongles pour sauver la vie de son épouse. La levée du corps a eu lieu le samedi 10 mars et le corps était exposé dans un funérarium sur l’avenue Haut Commandement, dans la commune de la Gombe. Ce n’est que dans la matinée du dimanche 11 mars, jour prévu pour l’enterrement, que les événements ont pris une autre tournure jusqu’à ce jour. A la suite des montages grossiers de photos balancées sur la toile à partir de la nuit du samedi 10 au dimanche 11 mars, une foule hostile dominée par des « shegues (enfants de la rue) » a pris d’assaut les lieux, déterminée à faire la peau au mari. Celui-ci a eu la vie sauve grâce à des éléments de sécurité sur place, mais sans jamais assister à l’enterrement de son épouse. Francis a entre-temps déposé une plainte contre inconnu pour diffamation au parquet de la Gombe depuis le 13 mars 2018, qui est restée lettre morte jusqu’à ce jour. Entre-temps un avis de recherche est lancé contre lui par le même parquet, sur base des fausses rumeurs diffusées sur la toile. »

COMMENTS

  • Steeve Mbuyi

    Très prétentieux et audacieux de votre part de dire que des gens à Kinshasa ont en parlé sans en citer de quelquonque source. Avez vous lu tous les articles ou postes écris à ce sujet ?

    • raf

      A moins que nous ne comprenions pas tous de la même manière ce texte rédigé en français, nulle part nous ne faisons référence à « Kinshasa » dans notre article. Où l’avez-vous lu précisément ? Nous avons écrit ceci : « CERTAINS médias en ligne et DES internautes sur les réseaux sociaux ont commenté l’affaire sans évoquer des sources précises. ». Vous comprenez bien que les mots « certains » et « des » ne correspondent nullement à Kinshasa, moins encore à tous les médias, ni tous les internautes. Où est donc cette prétention et cette audace ?

  • FloDieuquidit

    Juste choquée de voir combien vous minimisez l’acte commis par ce monsieur.. vieilles photos ou pas, c’est pour montrer le niveau de violence qu’à eu à subir la pauvre Linda qui meurt en plein mois de la femme période où l’on dénonce ces genres de violences faites aux femmes… Il ne mérite aucune excuse, surtout pas de la part des médias…

    • raf

      De quel acte parlez-vous Monsieur ? Etes-vous juge ? Avez-vous médicalement établi les liens de causalité entre les faits de 2016 et la méningite de 2018 ? Faites votre travail et laissez-nous faire le nôtre. Que savez-vous du journalisme ? Croyez-vous que nous publierions une telle information si nous ne l’avions pas traitée ?

  • Myka

    Bien dit Raf il faut être sûr d’une chose et de le balancer, on essaie de blâmer les autres comme si nous étions parfaits

  • Ben

    Ce n’est pas du professionalisme, L’éthique et la tolérance doivent etre vos parchemins.
    Acceptez les critiques etcommentaire des autres.

    • raf

      Accepter des critiques de la part de qui ? Des professionnels des médias ou de la part des personnes qui réagissent en laissant toute la place à l’émotion ? En rédigeant cet article, nous avons respecté les règles et principes du journalisme. Apportez-nous des arguments sur ce registre et pas en multipliant des commentaires non professionnels sur un travail qui obéit à des principes bien définis. Cordialement.

      • Ben

        N’importe qui parceque votre publication c’est pour le public non pour les professionells et si vous meme vous etes professionels avec l’ethique du travail vous ne pouvez pas donner des reponses insolantes.

        • raf

          Très cher Ben, nous faisons ce travail pour le public, oui, mais en respectant les principes du journalisme. Nous n’allons pas empêcher une famille de donner sa version des faits, alors que c’est elle qui vit ce problème et non vous, simplement parce que cela ne vous plaît pas. Soyez juste quand même. Nous ne disons pas que nous faisons ce travail pour les professionnels. Mais on dit que si vous devez nous juger sur le professionnalisme de notre travail, vous devez au moins connaître les règles et la déontologie journalistiques. C’est quand même logique non ? C’est comme si vous disiez à un chirurgien qu’il devrait opérer de telle ou telle autre manière, alors que vous êtes charpentier. A moins que vous soyez aussi chirurgien pour « juger » de la qualité de son travail. Voilà ce que nous essayons de vous dire. Chacun devrait bien faire son travail et le monde irait bien. Si vous croyez que nous sommes insolents, alors peut-être que vous ne comprenez pas très bien ce que nous écrivons. Vous êtes libre de croire ce que vous voulez. Cordialement.

  • Bonjour à tous, est-ce à dire qu’une catégorie de personnes et la justice congolaise ont été instrumentalisé par les réseaux sociaux ? Une théorie complotiste ? qui en seraient les auteurs ? C’est tout de même étonnant que le parquet émette un avis de recherche à son encontre car cela supposerait du moins que le mari se serait préalablement dérobé à la justice. Est-ce que les magistrats ont-ils été poussés par l’opinion en ligne pour publier cet avis ? Votre éclairage cher confrère nous aiderait…

    • raf

      Bonjour Trésor Kalonji et merci de votre commentaire. Notre article est un article de relation des faits. Nous avons permis à la famille de l’homme accusé de présenter les faits (puisqu’ils ont assisté à la mort de Lynda) pour permettre de comprendre ce qui s’était passé. Nous n’insinuons donc pas autre chose dans notre article. De ce fait, nous ne pouvons pas vous dire si les faits tels que racontés par cette famille signifie autre chose, moins encore s’il y a des sous-entendus. Nous allons également obtenir de la part de la famille de Lynda sa version des faits. Notre rôle n’est pas de dire si ce que disent ou diront ces deux familles est vrai ou faux, mais de livrer au public les différentes versions des faits, afin que ce dernier se fasse seul sa propre opinion. Parlant des magistrats, eux seuls peuvent vous dire s’ils ont « été poussés par l’opinion en ligne pour publier cet avis » de recherche. Ainsi, nous vous recommandons de vous approcher de ces magistrats pour leur demander ce qui a motivé la publication dudit avis de recherche. Nous ne sommes pas compétents en cette matière-là.

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